Les réflexes archaïques
Sandra Seruch
— kinésiologue à Chambéry, Savoie —
J'accompagne les enfants, les adolescents et les adultes en recréant du lien entre corps, tête et émotions.
J'accompagne les enfants, les adolescents et les adultes en recréant du lien entre corps, tête et émotions.
Les réflexes archaïques sont des mouvements involontaires provoqués par un stimulus et qui se manifestent dès la cinquième semaine de l’embryon. Cruciaux pour la naissance et la survie du bébé jusqu’à environ un an, ils sont fondamentaux pour le développement neurologique des enfants, influençant leurs comportements et leurs apprentissages. Une fois qu’ils ne sont plus nécessaires, ces réflexes s’inhibent naturellement. Cependant, des naissances difficiles, des traumatismes émotionnels ou des chocs physiques peuvent les réactiver plus ou moins régulièrement.
Nous avons tous des réflexes mal intégrés, et selon leur type, leur intensité ou leur fréquence, cette déshinhibition peut perturber notre quotidien. Cela peut se traduire par des difficultés d’apprentissage (troubles de la concentration, dys-, mémorisation, langage, lecture/écriture...), des problèmes structurels (problèmes de coordination, de posture, douleurs corporelles, motricité, équilibre, vitalié...), ainsi que des impacts émotionnels (confiance en soi, hypersensibilité, insécurité, relations sociales compliquées…).
Nous pouvons vivre avec ces réflexes non intégrés, compensant jusqu'à ce que notre corps atteigne ses limites, provoquant entre autres des "burn out". C’est pourquoi il est essentiel d’adopter des stratégies pour libérer les blocages au plus tôt, autant chez l'enfant que l'adulte ; leur réintégration peut entraîner des changements significatifs dans la vie.
... et les phrases ou injonctions qu'on a pu entendre avec un/des réflexes non intégrés.
Structurel
Arrête de te balancer sur ta chaise !
Tiens-toi mieux quand tu écris !
Qu'est-ce que tu es gauche/maladroit !
Tu es incapable de rattraper une balle !
Aucun équilibre !
Regarde-moi dans les yeux quand je te parle !
Arrête de jouer avec tout ce qui te passe sous la main !
Cognitif
Écoute quand je te parle !
Arrête de changer de sujet tout le temps !
Incapable d'apprendre 3 mots !
Qu'est-ce que tu écris mal !
Tu casses tout le temps les mines !
Tu ne sais toujours pas lire à ton âge !
Concentre-toi 5min !
Émotionnel
Tu ne veux jamais sortir quand il y a du monde !
Aie confiance un peu !
Ça ne sert à rien de stresser !
Tu n'as aucun filtre quand tu parles !
Qu'est-ce que tu es rigide, bouscule tes habitudes !
Tu es trop sensible, tu ne supportes rien !
Tu ne comprends rien à mes intentions !
Pas la peine de te mettre dans ces états-là !
Les réflexes archaïques sont des mouvements automatiques présents dès la grossesse et les premiers mois de vie. Ils participent au développement du système nerveux, de la posture, de la coordination, de la sécurité émotionnelle et des capacités d’apprentissage. Lorsqu’ils s’intègrent naturellement, l’enfant peut grandir plus sereinement, avec un corps disponible pour apprendre et interagir avec son environnement.
La plupart des réflexes archaïques apparaissent avant ou juste après la naissance et s’intègrent progressivement au cours de la première année de vie. En fait, ils ne disparaissent pas vraiment, ils restent "en arrière-plan" et peuvent revenir, en ressource, quand le corps se sent en danger et que le cerveau n'a pas le temps de réfléchir pour prendre une décision (ex. : fuir ou combattre). Certains peuvent persister un peu plus longtemps, notamment jusqu’à 2 ou 3 ans. Lorsqu’ils restent actifs au-delà, ils peuvent créer différentes difficultés au niveau cognitif, structurel (corporel) et émotionnel.
Des réflexes archaïques non intégrés peuvent se manifester de différentes façons : difficultés de concentration, agitation, maladresse, fatigue, hypersensibilité, émotions envahissantes, troubles du sommeil ou difficultés d’apprentissage. Chez les adultes, cela peut se traduire par du stress chronique, des tensions corporelles ou une sensation de blocage.
Certaines difficultés comme la dyslexie, la dyspraxie ou la dysgraphie peuvent être associées à des réflexes archaïques encore actifs. Ces réflexes peuvent perturber la coordination du corps mais aussi des deux hémisphères, le repérage dans l'espace et dans la feuille, le balayage des yeux de gauche à droite... nécessaires notamment à la lecture et l'écriture. Travailler sur le corps permet parfois de lever des freins et de soutenir les accompagnements déjà en place.
Certains réflexes encore actifs peuvent perturber la posture et l'attention nécessaires aux apprentissages. Quand on passe son temps et son énergie à contrôler son corps et ses mouvements involontaires qui partent dans tous les sens, le cerveau ne peut pas être disponible pour les apprentissages. Quand à chaque fois qu'on bouge la tête, le reste du corps suit, on ne peut pas rester assis "tranquillement", ni copier quelque chose au tableau par exemple. Quand à chaque fois que le dos touche le dossier de la chaise, cela active un réflexe qui fait tortiller tout le corps, on ne peut pas se concentrer sur une tâche précise. Et puis, quand on compense toute la journée tous ces mouvements involontaires et désagréables, comment ne pas déborder émotionnellement en rentrant à la maison ? Travailler sur le corps permet parfois de lever des freins et de soutenir les accompagnements déjà en place.
Le travail des réflexes archaïques peut être accompagné par différents professionnels formés à cette approche, comme les kinésiologues, psychomotriciens, kinésithérapeutes ou certains thérapeutes corporels. L’accompagnement ne remplace pas un suivi médical ou paramédical, mais peut venir en complément, dans une approche globale et respectueuse.
En kinésiologie, l’accompagnement commence par un temps d’échange, suivi d’une évaluation corporelle douce. L'intérêt de la kinésiologie est d'aller chercher le.s stress/émotion.s responsables de la persistance du réflexe et d'apaiser ce.s stress pour que le réflexe puisse être intégré et tenir dans le temps. Le travail se fait à l’aide de mouvements simples, de stimulations et d’exercices adaptés à l’âge de la personne. Des exercices peuvent être proposés à refaire à la maison pour soutenir l’intégration dans la durée.
Oui, les réflexes archaïques peuvent concerner les adultes. Même intégrés en partie, certains réflexes peuvent rester actifs et se réveiller lors de périodes de stress, de fatigue ou de changements importants. Travailler sur les réflexes peut aider l’adulte à retrouver plus de stabilité, de clarté et de confort dans son corps et ses émotions.
Le nombre de séances varie selon la personne, son âge, ses besoins et son histoire. Parfois, 1 à 2 séances suffisent pour ressentir des changements. L’accompagnement se fait toujours au rythme de la personne, sans objectif de performance ni de rapidité.
Oui, le travail des réflexes archaïques est tout à fait compatible avec un suivi orthophonique ou d’autres accompagnements (psychomotricité, ergothérapie…). La kinésiologie agit sur le corps et le système nerveux et peut soutenir le travail déjà engagé, dans une démarche complémentaire.